
📆 4 avril 2026
📍Avenches – Budapest
Le train pour Zurich est bondé. Je sers mon sac à dos contre mes jambes, mon totebag contre ma poitrine. À côté de moi, quatre jeunes parlent de musique et de festivals en descendant une bouteille de vodka. Leur compagnie est divertissante, je me tiens à l’orée de leur blabla, les écoutant distraitement. Je croyais que les au revoir étaient faciles pour moi – quelle erreur. Je suis partie le cœur lourd, les larmes qui perlent au bord des yeux.
J’arrive en avance à Zurich, le temps de flâner sur les quais bondés de la Limmat. Il fait beau, le monde sirote des spritz en terrasse et au milieu de cette douceur estivale, je réalise que j’ai oublié d’emporter mon k-way. On verra quand il sera nécessaire d’y remédier.
Dans le train de nuit, ma couchette se trouve tout au bout du quai, dans le dernier wagon. « Place 101 », me confirme le contrôleur. Mais un sac à dos et une veste trônent déjà sur la banquette. J’en trouve le propriétaire, étonné. Il pensait avoir réservé tout le compartiment pour lui et ses deux enfants adultes. Je lui propose de prendre le lit d’en haut, à côté de sa fille. Il est un peu surpris, me dit dans un anglais à l’accent américain qu’il n’a jamais pris le train de nuit. On regarde nos billets et je lui dis que tout ira bien. Airpods dans les oreilles, la petite famille n’a pas prévu de discuter. Le contrôleur vient prendre nos billets et nos commandes de boissons pour le déjeuner. Il nous prévient de faire attention aux pickpockets qui, paraît-il, montent dans le train après Salzbourg. L’information nous laisse perplexes, nous échangeons un rire de dépit.


À Vienne, je dépose mon sac à la consigne et sors de la gare. Il est 6h30, le parvis est désert et une nuée de pigeons s’envole vers un ciel sans nuage. Il va faire très beau. La longue allée qui mène au centre est bordée de restaurants, d’hôtels ou d’écoles. Entre deux voies routières fleurit un parterre de tulipes immaculées. Vienne est une ville très verte. Les toits de ses églises brillent entre le frais feuillage des arbres.
Plus minéral, le centre historique est monumental avec des édifices impressionnants comme le Hofburg et les palais du quartier des musées. Dans ses rues pavées, des kiosques au charme d’antan vendent des saucisses à manger sur le pouce, les yeux levés sur l’immense cathédrale Saint-Étienne. Vienne est pratiquement déserte, on entend juste les semelles des adeptes du jogging matinal. Il est déjà temps de retourner vers la gare. En chemin, je croise la première calèche, écoute le trot lent des chevaux qui transporteront des centaines de touristes dans la journée.





Il faut moins de trois heures pour rejoindre Budapest en train. En Hongrie, des fleurs jaunes poussent entre les rails jusqu’à la capitale. Je sors de la gare sous un soleil cuisant. Les rues sont placardées d’affiches politiques. J’ai lu dans le journal emporté en partant de la maison que Viktor Orbán mène une campagne féroce contre son adversaire pour les élections. Je regarde les visages et les slogans indéchiffrables des prétendant·e·s, incapable de dire qui sont les gentils ou les méchants.
Au centre-ville, je tombe très vite sur la vertigineuse silhouette du Parlement, dont la façade néogothique qui se mire dans le Danube est la carte postale la plus emblématique de Budapest. Le joli tram jaune permet de rejoindre l’autre rive du fleuve pour une meilleure vue sur le palais. C’est ma deuxième visite ici, et je retrouve avec plaisir les rues pleines de monde et l’agitation au parfum de début d’été. Je flâne tout l’après-midi et, lorsque la lumière se fait rosée, glisse dans le métro le plus proche pour rentrer.







