Début avril, je suis partie pour l’une des aventures les plus dépaysantes de ma vie. J’ai pris trois mois de congé, un sac à dos presque pas trop rempli et un billet de train direction le Kazakhstan. Après six ans de cours de russe, il était temps de passer à la pratique !
Bien sûr, mon introduction est un peu mensongère: rejoindre le Kazakhstan sans avion ne se fait pas en achetant un simple billet de train. J’ai utilisé une dizaine de plateformes de réservation différentes, sans compter les trajets achetés sur place à un guichet. J’ai pris neuf trains dont quatre de nuit et six bus qui m’ont fait traverser quatre fuseaux horaires. Il m’a fallu un visa pour la Russie, obligatoire, et un pour le Kazakhstan, parce que j’y reste plus de 30 jours. Début mai, après près d’un mois de voyage, je suis arrivée au Kazakhstan avec des étoiles dans les yeux et l’impression d’être partie hier.
Je ne savais pas vraiment comment j’aurais envie de raconter cette épopée. Les réseaux sociaux me fatiguent, la course au contenu et l’immédiateté du partage m’écœurent. Le voyage est un privilège immense, surtout lorsque l’on s’offre le luxe de partir trois mois. J’ai beaucoup de peine à me sentir légitime d’écrire des articles sur des pays inconnus, de décrire un monde nouveau avec ma curiosité de Suissesse privilégiée. Je rencontre d’autres touristes qui répètent qu’ils n’en sont pas – « Je suis un voyageur. J’ai fait le Japon, j’ai fait l’Australie, j’ai adoré l’Indonésie » – ou qui demandent le code du wifi avant le menu du restaurant, et j’ai un peu honte de nous. Et honte de croire que, moi, je suis différente.
Quand je voyage, j’aime écrire. Toujours à la main, dans un carnet dont les pages s’écornent petit à petit le long du chemin. Chaque jour, je prends un moment pour raconter les découvertes, l’itinéraire, les rencontres et les sensations. Je relate ce que je vis, sans objectivité. Ce n’est pas l’histoire d’une grande épopée vers les steppes kazakhes, c’est juste ma petite histoire consignée ici pour en figer le souvenir et pouvoir toujours y revenir.











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