Bâle-Campagne de A à Z

26 juillet 2026

La promenade commence à Aesch, à une poignée de kilomètres au sud de la ville de Bâle. En deux jours, nos pas nous mènent vers le chef-lieu Liestal puis jusqu’à l’autre bout du canton et de l’alphabet, à Zeglingen.

Nouvelle saison, nouvelle randonnée alphabétique ! Une fois encore, c’est la Suisse allemande qui nous donne l’inspiration pour cette promenade de A à Z. Si les communes en A foisonnent dans toutes les régions linguistiques, il faut bien avouer que les options pour l’arrivée sont bien plus rares en Romandie… Nous choisissons donc d’explorer Bâle-Campagne, canton que nous ne connaissons que très peu. À parcourir la carte, la région semble offrir une belle part de nature, malgré les nombreux villages et agglomérations.

Sur la ligne Delémont–Bâle, le train s’arrête à Aesch. La petite ville est collée à la frontière cantonale, si bien que jusqu’en 1993, les wagons du milieu pouvaient être sur le territoire de Bâle-Campagne, la locomotive dans le canton de Berne, et les dernières voitures dans le canton de Soleure. Nous commençons par longer la rue principale avant de rejoindre le bord de la Birse. Son niveau est bas, son débit sommeilleux. Nous marchons sur son rivage jusqu’à Dornach et atteignons aussitôt Arlesheim. Le charmant village réserve bien des surprises, à commencer par son impressionnante cathédrale. Sur une belle place pavée baignée de soleil, nous levons les yeux vers sa façade jaune pâle de style baroque, avec ses deux élégantes tourelles. Du rectangle noir dessiné par la porte ouverte s’échappent les notes de la marche nuptiale.

Nous contournons le bâtiment pour rejoindre les collines verdoyantes qui bordent le village. On hésite à s’aventurer plus au sud pour découvrir l’étrange Goetheanum érigé sur la colline de Dornach. Le bâtiment en béton armé est le siège du mouvement anthroposophique et de l’école Steiner. Nous résistons finalement aux forces occultes et prenons plutôt la direction du château de Briseck, juste à la sortie du village. Sa tour au chapeau pointu guigne au sommet d’une falaise couverte d’arbres. Derrière elle s’étend l’Ermitage, le plus grand jardin paysager anglais de Suisse. Nous grimpons en direction de la forteresse, dont les portes sont fermées pour l’instant. C’est l’un des quatre châteaux médiévaux situés sur la colline de Birseck. Des deux suivants ne subsistent que quelques ruines. Le quatrième, le Burg Reichenstein, nous attend 600 mètres plus loin, au bout d’une longue montée dans la forêt.

La promenade continue sur un étroit sentier qui grimpe dans la forêt. Quand les arbres se font plus rares, la route nous conduit à une petite auberge au cœur d’un hameau minuscule. Un Vivi Cola citron, une Gazzosa mandarine et la motivation pétille à nouveau. Avant de reprendre la route, on passe par le petit marché à la ferme pour découvrir quelques produits locaux.

La suite du voyage se fait en équilibre sur la frontière cantonale. On zigzague entre Bâle-Campagne et Soleure, croisant les bornes de pierre qui émergent d’un parterre de feuilles déjà mortes. La chaleur et la sécheresse déplument les arbres, brunissent les forêts.

À l’orée des bois, les amateurs de modèles réduits font voler leurs petits avions dans le ciel azur. Enfin, les premières maisons de Liestal apparaissent. Nous entrons dans le chef-lieu du canton par les hauts. Il faut traverser la gare et son passage sous-voies tout neuf afin de rejoindre le centre historique et sa rue principale, semée de terrasses. Les belles façades colorées conduisent à la porte supérieure, surnommée «Törli», qui faisait partie des fortifications médiévales de la ville. Notre chambre se trouve juste après, déjà tournée vers l’étape du lendemain.

Au petit matin, nous quittons Liestal en longeant la route. Les quartiers résidentiels laissent la place aux zones industrielles. Sur le goudron, le trottoir commence déjà à chauffer. On se change les idées en levant les yeux vers le Jura qui gondole le paysage sur notre gauche.

À Sissach, on traverse le village pratiquement désert avant de monter vers les collines. À peine plus au sud se trouve la commune de Zunzgen, où nous pourrions boucler la randonnée alphabétique bien plus tôt que prévu. Mais nos égos ont faim de quelques kilomètres supplémentaires et nous nous éloignons vers l’est, à l’ombre de la forêt.

Après Wittinsburg, nous descendons dans une étroite vallée en profitant d’un beau coup d’œil sur le viaduc ferroviaire de Rümlingen. Devant ses arches de pierre, les aiguilles dorées du clocher annoncent midi passé. Nous nous arrêtons sur la terrasse de l’auberge villageoise, à l’ombre des platanes. Sur les pages plastifiées du menu, tout est à 13.90 francs. Dans l’assiette, tout est très bon.

Il ne reste que cinq kilomètres avant l’arrivée. Nous quittons Rümlingen par une harassante montée qui nous mène dans la plus jolie portion de la randonnée. Le chemin file sur les collines tapissées de champs jaunis par le soleil et de dizaines de cerisiers. On glane quelques fruits sucrés en évitant les guêpes qui virevoltent nerveusement autour des arbres.

Finalement, entre les replis d’un vallon guignent les contours de Zeglingen. Il faut encore avaler les quelques lacets de goudron avant de rejoindre les ruelles du village de 600 âmes – dont aucune ne semble de sortie aujourd’hui. On en profite : la fontaine est fraîche, nos maillots de bain dorment dans nos sacs à dos et le bus ne passe que dans une demi-heure…

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bienvenue à bord

Je m’appelle Camille et je suis touriste professionnelle (entre autres). J’ai créé Lève l’encre en 2017 pour partager le récit de mes voyages à la découverte des paysages de Suisse et d’ailleurs. J’espère te donner envie de voyager, notamment en privilégiant le train – pour la planète, mais aussi parce que c’est une expérience exceptionnelle.

Articles récents

Suis-moi sur Insta

La carte