Fabuleuse odyssée en Gruyère

Attention ceci n’est pas un article ordinaire, c’est une quête. Une aventure rocambolesque (non) à la recherche d’un joli pont de bois au cœur des mythiques paysages gruyériens. Ok j’abuse mais reste un peu. La promenade en vaut la peine, promis!

Trois ans d’existence, plus de cinquante articles publiés et pratiquement aucune évocation du canton de Fribourg sur Lève l’encre. C’est grave, non? Je n’avais pas vraiment remarqué cette omission régionale parce qu’en réalité je vais souvent m’y promener, mais je n’en fais pas toujours un article.

Sur les réseaux sociaux, la publicité essaie pourtant depuis plusieurs semaines et de manière très insistante de me faire venir chez les voisins fribourgeois. Entre la pub Nikin tournée au Lac Noir et les inlassables publications sponsorisées de l’office du tourisme, j’y ai vu un signe à peine forcé. Je te parlerai peut-être de mon passage au Lac Noir dans un autre article, mais il est ici question de la Gruyère. Au hasard du scroll, je suis tombée sur les photos d’automne idylliques de Fribourg tourisme et mon regard a été happé par un joli pont en bois. Ma curiosité a été piquée et j’ai décidé d’aller vérifier si l’endroit était aussi charmant en vrai.

Mon épopée commence dans la petite gare isolée des Sciernes, en Haut-Intyamon. Pas une âme en vue hormis quelques vaches qui paissent sur des vallons d’un vert éclatant. Tout autour de moi, de hauts sommets gris se détachent sur le ciel bleu, déjà débarrassé de la brume matinale. Le soleil est doux, l’air frais. Je repère les habituels panneaux jaunes et longe les rails où les jolis wagons du MOB viennent de passer.

Le sentier s’engouffre rapidement dans la forêt qui s’est lascivement effeuillée ces dernières semaines. Les branches laissent passer les rayons du soleil et l’épais tapis de feuilles brunes et sèches fait crisser chaque pas. Une courte descente débouche sur une nouvelle rencontre avec les rails que je traverse une dernière fois.

Je passe aux abords d’une ferme esseulée mais polie où un chat magique me pose une énigme. Comme je reconnais son imitation (easy, c’était le sphinx), il me laisse poursuivre ma quête, qui m’emmène sur une longue route solitaire bordée de pâturages toujours plus verts.

J’arrive alors au bord de la grande route, celle sur laquelle circulent à vive allure les gros 4×4 indiscutablement nécessaires dans cette région de très haute montagne. La traversée est dangereuse, mais un panneau jaune m’indique un raccourci plus sécurisé. Apercevant des reflets aquatiques en contre-bas, je rallonge le raccourci pour voir cela de plus près. C’est l’Hongrin qui tourbillonne doucement, terminant ici son voyage dans les Préalpes vaudoises et fribourgeoises.

En réalité, je ne sais pas par où je suis censée continuer. J’ai suivi l’appel de l’eau mais le chemin s’est évanoui sur le rivage et aucune sirène magique n’est apparue pour m’aider à franchir la rivière. J’ai évidemment perdu la trace des panneaux jaunes, mais je suis dans un conte donc tout va forcément s’arranger.

Indifférente au danger de m’être ainsi égarée, je suis en train d’immortaliser ma dégaine de chaperon rouge lorsque j’entends approcher deux promeneurs bavards. Ils marchent un peu plus haut, sur un minuscule sentier que je n’avais pas eu le temps d’apercevoir. Je leur emboîte le pas et rencontre trois ponts en pierre qui enjambent l’Hongrin, dont l’un a été érigé en 1500. Toujours aucun signe de mon joli pont de bois.

Je retrouve les panneaux jaunes et décide de suivre ceux qui indiquent «tour du lac». La petite étendue d’eau semble porter divers noms; on l’appelle parfois lac de Montbovon ou lac de Lessoc, et parfois on la considère simplement comme un réservoir de la Sarine. Sa surface est d’un bleu émeraude magnifique. Je parcours le rivage en direction du petit village de Montbovon et de son imposante église.

Arrivée au bout du lac, je passe tout près de la centrale hydroélectrique et continue mon périple sur l’autre rive. Après quelques pas à l’ombre, le soleil vient finalement éclairer mon chemin, signe que je suis forcément près du but. Entre les chaines de montagnes et les pâturages, la carte postale gruyérienne est parfaite.

Le chemin s’engouffre dans la forêt et se sépare en deux bras. Dans le doute, je choisis celui qui descend au bord de l’eau et me voilà finalement au pied de l’objet de ma quête. Le soleil m’éblouit mais, la main en visière, je l’admire enfin: le pont en bois de Lessoc.

L’ouvrage culmine quelques mètres au-dessus des anciennes gorges de la Sarine. Construit au 17e siècle, il est aujourd’hui considéré comme l’un des ponts les mieux conservés de Suisse. Entre les arbres embrasés par l’automne, les falaises blanches et l’eau turquoise, le tableau est sublime.

Je reviens sur mes pas, remonte vers la croisée et emprunte l’autre chemin. Arrivée devant le pont, je prends le temps de contempler encore son superbe toit en chêne avant de m’y aventurer, consciente qu’une fois sur la rive opposée, le charme de la quête sera rompu.

Le petit sentier couvert de feuilles mortes remonte le long des arbres et rejoint la civilisation. Déjà, le bruit des voitures sur la route toute proche fait éclater la bulle de magie et me ramène à la réalité. Le lac est derrière moi, il est temps de m’en éloigner.

Munie du courage acquis dans cette vaste aventure, je renonce cette fois à contourner la route et traverse la valse des 4×4 pour rejoindre l’autre côté. Le chemin continue par une petite escalade pentue qui débouche sur des pâturages déserts. Je longe des fermes silencieuses avant de retrouve les Sciernes d’Albeuve. Il me reste à traverser le petit village pittoresque pour rejoindre la gare où tout a commencé.

Informations utiles

🍁 Randonnée en boucle depuis et jusqu’à la gare des Sciernes, mais aussi possible depuis Montbovon
🍁 Durée: environ trois heures de marche (7 kilomètres), deux si tu renonces au tour du lac mais c’est dommage
🍁 Difficulté: facile, convient aux enfants

Mon idée était de suivre cette proposition du Terre&Nature mais cette saleté de chat-sphinx m’a indiqué un mauvais itinéraire. Voici mon parcours avec l’étoile noire où se trouve le pont de Lessoc:

Les vacances d’automne

Ce n’est pas vraiment un article comme ceux auxquels je t’ai habitué⋅e, et je ne suis pas vraiment en vacances, d’ailleurs. Mais j’ai profité de ce dimanche pour traîner dans les vignobles près chez moi et immortaliser l’éphémère magie de l’automne.

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Nuit dans un hôtel 1000 étoiles

Deux jours en mode avion au cœur des montagnes valaisannes. Récit d’un séjour parfait entre randonnée et nuit en cabane, dans la douce ambiance d’un refuge niché au pied d’un glacier en pleurs.

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Un joyau dans la montagne

On connaît mieux son homonyme bernois, considéré comme LE Lac Bleu et situé près de Kandersteg. Mais la version valaisanne – un peu moins célèbre, un peu plus sauvage – séduira forcément celles et ceux qui poseront les yeux sur sa surface cristalline.

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Fées et légendes dans le Val de Travers

Il y a plein de raisons pour lesquelles choisir une randonnée plutôt qu’une autre: la durée, la longueur, l’accessibilité (en TP, par exemple), la beauté du paysage, la recommandation d’un·e ami·e, un lac ou une attraction intéressante sur le chemin… Pour cette sortie, nous nous sommes uniquement laissé séduire par le nom de l’objectif: le Chapeau de Napoléon.

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Le guide de ton été en Suisse

Ce titre est bien prétentieux mais j’assume. Sans surprise, les vacances de cet été seront très certainement helvétiques pour beaucoup d’entre nous (dit la meuf qui revient d’une semaine en France). Ça tombe bien: la Suisse offre une super diversité de paysages et d’activités. Voici mes recommandations pour un été à la maison à base de visites, de sport, de culture et de surprises.

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En équilibre au-dessus du lac de Brienz

Depuis Interlaken, quelques heures de marche permettent d’atteindre le sommet de l’Augstmatthorn. Est-ce que j’ai eu peur plus d’une fois pendant cette randonnée? C’est possible. Est-ce que la vue sublime qui couronne l’ascension en valait largement la peine? Absolument.

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Mission fraîcheur dans les gorges de l’Areuse

Des sentiers étroits et sinueux, des herbes folles, de larges blocs de pierre couverts de mousse, des arbres coiffés de lianes indomptables, des cascades jaillissantes et des torrents bouillonnants. Bienvenue dans la jungle neuchâteloise.

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Dans la vallée des cascades

Avec sa vertigineuse cascade, Lauterbrunnen peint l’un des plus célèbres paysages de Suisse. Tu as forcément déjà vu des dizaines de représentations de la photo qui ouvre cet article. Pourtant, rien ne peut estomper la magie de découvrir un endroit pareil de ses propres yeux. Surtout après plus de deux mois sans sorties et en excellente compagnie.

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