Coucher de soleil au Grammont

C’est un classique de toutes les «bucket lists», non? Le coucher de soleil sur lac. Celui que je te propose dans cet article se déroule au sommet du Grammont, avec vue sur le vaste Léman et en bonne compagnie. Un petit effort récompensé d’un spectacle grandiose.

Un grand sage légèrement nationaliste a dit un jour: «Les meilleurs coins du Valais sont ceux d’où l’on voit le canton de Vaud.» En plus de remplir cette caractéristique, le Grammont s’avère être un coin parfait pour admirer le dernier soupir d’une journée d’été.

Les expéditions «couchers/levers de soleil» demandent une petite organisation, quelques calculs et parfois aussi, quelques ratés. J’ai fait cette promenade début juillet, pendant la première vague estivale, et grâce aux conseils avisés de mon frère (merci David), ce fut un succès du premier coup.

Une fois n’est pas coutume, j’ai dû privilégier la voiture aux TP car le point de départ et d’arrivée se situe à un endroit qui ne permet pas de redescendre en bus après 18h. Une alternative «slow tourism» serait de monter avec le dernier convoi, de bivouaquer sur place et de redescendre le lendemain. On profite ainsi du coucher et du lever du soleil – jackpot!

Ma version «coucher de soleil uniquement» commence vers 17h au parking du Flon, au-dessus de Vouvry. La première partie de la promenade grimpe jusqu’au lac Taney. Au cœur de la forêt, on monte pendant un peu moins de trois quart d’heure sur un sentier jonché de racines et bordé de marguerites. Après cette grimpette courte mais intense, les premiers chalets, puis le lac apparaissent. Je n’ai pas pris le temp de m’arrêter longtemps au bord de l’eau, le sommet m’appelant. Mais j’étais déjà venue au lac Taney il y a quelques temps et cela vaut la peine d’en faire le tour.

Pour cette fois, je poursuis directement en direction du Grammont en suivant les panneaux jaunes. J’ai choisi la date idéale pour profiter d’une solitude parfaite; c’est le soir du match de foot de la Suisse contre l’Espagne. Le pays est rivé à son écran pendant que la montagne savoure le silence d’un soir d’été. Je me glisse entre les arbres sur la pointe des pieds pour ne pas déranger cette agréable quiétude.

Après quelques lacets dans la forêt, le sentier rejoint des pâturages fleuris, croise une auberge endormie et dessine des petits lacets caillouteux jusqu’à un replat bienvenu. Au loin, des sommets cabossés recueillent des neiges éternelles.

À plat, j’entrevois un premier pan du Léman, éclat vaporeux et presque onirique derrière le découpage imprécis des montagnes. Quelques mètres plus loin, un mouvement dans les pâturages attire mon attention. En trois ricochets à peine audibles, un chamois traverse le sentier juste devant moi. Il s’arrête, m’examine une seconde puis, me jugeant probablement inoffensive, m’offre ses meilleures poses. La rencontre est magique.

48290 clichés plus tard, je poursuis ma route en direction de la crête. J’avais pressé le pas sur les derniers kilomètres de peur de rater le coucher du soleil, mais l’astre orangé patiente, suspendu quelque part au-dessus des cimes. Et il n’est pas le seul à m’attendre; un petit embouteillage de chamois occupe l’étroit sentier. Les plus petits émettent des sifflets stridents en m’apercevant. Plus curieux qu’apeurés, leurs yeux noirs bordés de longs cils me toisent.

Enfin, j’atteins la crête. Après l’émotion de la rencontre «bovidée», je reste béate devant le panorama qui s’étend devant moi. À mes pieds, le tapis fleuri plonge précipitamment sur des roches abruptes. Juste après, le lac apaise le décor en étirant sa surface comme une couche de peinture lisse et épaisse. Elle lèche la rive opposée où le canton de Vaud dessine un puzzle de bleus et de verts. Les nuages en fine ouate matelassent le ciel mais, au loin, le soleil parvient à déployer ses rayons chauds.

Tout est parfait; la lumière du crépuscule, la délicieuse solitude, le jeune chamois qui pointe ses cornes étonnées sur le versant de la montagne. J’essaie de saisir au vol cet invisible bonheur, tellement fort qu’il en devient presque palpable. Il est dans le souffle chaud du vent, dans le bruissement de la nature partout autour, dans l’insaisissable légèreté de cet instant.

Puis, comme un bulle de savon qui éclate, la magie s’évapore. Le soleil glisse derrière l’horizon, sans un bruit. Il est temps de redescendre, vite avant que la nuit n’engloutisse la montagne.


🤍 Itinéraire: Parking du Flon – lac Taney – Grammont (simplement suivre les panneaux). Retour par le même chemin.
🤍 Montée : 6 kilomètres, +1000 mètres de dénivelé
🤍 Durée: 45 minutes entre le parking et le lac Taney, puis environ 2 heures entre le lac et le Grammont. Compter environ 1h30 pour la descente Grammont-parking (pas super fiable parce que j’ai un peu couru sur la fin, j’avais peur dans la nuit 🙃).
🤍 Difficulté: moyen (bonne condition physique)
🤍 Conseil: n’oublie pas ta lampe frontale pour la descente!

11 commentaires sur « Coucher de soleil au Grammont »

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