Un train pour nulle part

Comme la Suisse est belle, vue depuis la fenêtre d’un train. On repart déjà à l’aventure avec ce récit d’un voyage sans aucun but, à travers les montagnes helvétiques.

Entre les vagues de la pandémie qui rythment notre quotidien, aux portes de l’automne je crois, une actualité avait fait frissonner la team des écolos (nous sommes des fragiles, que veux-tu). Une compagnie aérienne – australienne, si ma mémoire est bonne – proposait des vols sans destination afin de sauver ses chiffres et de soigner le manque d’altitude de sa clientèle. Sérieusement les gars, monter dans un avion pour faire un tour et atterrir au point de départ… Pourquoi, en fait?

J’y ai repensé en descendant du train, l’autre jour. C’était presque 18 heures et la nuit était déjà tombée sur la froide gare de Payerne. Avec Lucie, on avait passé les douze dernières heures à sillonner la Suisse d’un quai à l’autre. Douze heures le regard accroché à la fenêtre, regardant les paysages défiler comme un film à la vitesse du régio, du train panoramique, au son de la crémaillère et de la voix nasillarde du contrôleur. Douze heures, c’est le temps qu’il faut pour rejoindre Naples depuis Avenches. Ou Liverpool. Mais nous avons opté pour l’exotisme d’un Payerne-Payerne. Pourquoi, en fait?

En vrai, pour rien, si ce n’est le plaisir de l’errance. Et en ce sens, je comprends un peu les passager⋅ères de ces vols pour nulle part, mais le train présente heureusement un bilan écologique bien plus vert que l’avion (surtout en Suisse). Les prévisions météo gribouillaient des gros nuages sur notre sortie en raquettes mais les cartes journalières étaient déjà en poche. Nous avons décidé d’embarquer comme prévu aux aurores en direction du Valais, mais de ne pas redescendre du train. Se laisser porter par l’envie ou par l’instinct, c’est toujours une bonne idée.

Au final, l’itinéraire fut le suivant: Payerne – Yverdon-les-Bains – Lausanne – Brigue – Andermatt – Disentis/Muster – Coire – Zurich – Fribourg – Payerne. Sur la carte, on passe par ici (traversant 12 cantons!):

Je n’ai pas grand-chose à raconter sur ce voyage. Prends-le plutôt comme un album photo, une sélection d’images à travers la fenêtre de train, subtilement imparfaites, marquées de reflets et de mouvement.

Tu découvriras en vrac le bleu du ciel valaisan (rien à voir avec les prévisions), les petits chalets typiques, les forêts de sapins, la voie qui monte jusque dans le canton d’Uri, le «jour blanc» derrière la fenêtre, la neige toujours plus épaisse, la petite gare de l’Oberalppass (point culminant de l’expédition, à 2044 mètres d’altitude), la descente vers les Grisons, et enfin le passage dans le Grand Canyon helvétique, au bord des eaux agitées du Rhin. Le retour ne figure pas dans l’album, parce que l’aller est toujours la meilleure partie du voyage.


Merci de m’avoir lue, j’espère que le voyage t’a plu.
Si tu aimes le train, tu peux (re)lire cet article:

3 commentaires sur « Un train pour nulle part »

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